Il y a des résonances qui ne trompent pas. En parcourant le manifeste du festival NOÛS qui s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France en ce printemps 2026 j’ai ressenti un de ces frissons que le corps envoie pour signaler qu’on est au bon endroit, au bon moment.
Ce festival explore le lien entre l’intelligence artificielle, l’art et le patrimoine. Mais au-delà de la technologie, c’est son nom qui m’a arrêté. NOÛS, en grec ancien, désigne l’esprit, l’intellect mais aussi cette forme d’intelligence collective qui nous dépasse et nous traverse. C’est précisément l’essence de ce que nous construisons ici : ce N-O-U-S conçu comme une entité vivante, connectée par les sons, les sensations, les émotions et les vibrations.
Le festival NOÛS refuse l’idée d’une technologie hors-sol. Il voit dans l’intelligence artificielle un outil capable de révéler l’enfoui de traverser des millions de pages, de dessins, de mémoires pour raconter ce que l’humanité porte sans toujours le voir. Chez NOUS, nous partageons cette conviction profonde : une technologie ne devient juste que lorsqu’elle s’enracine. Dans un lieu. Dans des mains. Dans une intention.
Tout comme les artistes du festival utilisent les données comme des pigments pour créer de nouveaux imaginaires, nous utilisons ici les outils numériques de la domotique open-source aux wikis participatifs non pas pour nous abstraire du vivant, mais pour renforcer notre lien à lui. Héberger ses propres données, ce n’est pas qu’un acte technique : c’est reprendre le fil de sa propre histoire. Choisir ses outils en conscience, c’est déjà une forme de résistance douce.
NOUS est né d’une volonté de réinventer notre connexion au vivant. Le « N-O-U-S » représente à la fois l’individu autonome et le collectif relié par des fils invisibles qu’ils soient biologiques, émotionnels ou numériques.
Nous croyons que l’innovation doit être pragmatique : marier les savoirs anciens permaculture, travail manuel, cycles de la nature aux technologies modernes, quand celles-ci servent l’autonomie plutôt que la dépendance. Que l’éthique est une boussole : comme le souligne le manifeste de NOÛS, il s’agit de distinguer l’outil qui élève de celui qui aliène. Ici, cela se traduit par une déconnexion volontaire pour mieux se retrouver loin du Wi-Fi omniprésent, mais au cœur de la présence. Et que la création est un acte d’ancrage : pour qu’une innovation soit juste, elle doit s’enraciner dans la terre nourricière.
Le festival NOÛS nous rappelle que nous ne devons pas subir le futur, mais le sculpter. Chez NOUS, nous le sculptons chaque jour en déconstruisant les modèles de la vie désincarnée, en créant un lieu fondé sur le partage, la transmission et la réciprocité.
Que ce soit à travers un algorithme révélant la beauté d’un manuscrit ancien, ou à travers un cercle de parole autour d’un feu de bois, c’est la même quête qui nous anime : celle de la reliance. Cette conviction que l’intelligence artificielle ou humaine, individuelle ou collective n’a de valeur que lorsqu’elle relie plutôt qu’elle n’isole.
Et si le progrès n’était pas une accélération, mais un approfondissement ?
Rejoignez-nous dans cette aventure. Manifestons ce NOUS qui, événement après événement, rencontre après rencontre, prend tout son sens.
NOUS, c’est l’histoire de ceux qui croient encore. Et vous en faites partie.
https://www.bnf.fr/fr/agenda/nous-festival-art-ia